Adapté du comic horrifique de Kyle Starks et Artyom Topilin, I Hate This Place est un survival‑horror isométrique développé par Rock Square Thunder et édité par Feardemic. Le jeu est sorti le 29 janvier 2026 sur Xbox Series X|S, PC, PS5 et Nintendo Switch, après plusieurs mois de communication centrée sur son esthétique rétro et son approche hybride mêlant exploration, survie, crafting et infiltration.
Le titre plonge le joueur dans la peau d’Elena, une femme confrontée à un monde rural déformé, où des créatures surnaturelles rôdent et où la réalité semble se fissurer. Entre gestion des ressources, construction d’abris, combats improvisés et dangers nocturnes, I Hate This Place revendique une filiation assumée avec les survival-horror des années 80, tout en empruntant à des jeux modernes comme Don’t Starve ou Project Zomboid.
L’ambition est claire : proposer une expérience de survie exigeante, stylisée, et profondément narrative, tout en respectant l’esprit du comic d’origine. Mais le résultat est-il à la hauteur ? C’est ce que nous allons analyser.
Les ombres du ranch : une histoire de survie et de paranoïa
L’univers narratif de I Hate This Place repose sur une base solide : le comic original, reconnu pour son mélange d’horreur rurale, d’humour noir et de tension psychologique. Le jeu reprend cette atmosphère, mais l’adapte à un format interactif où la narration se construit autant par les événements scriptés que par les situations émergentes.
Une héroïne prise au piège d’un monde qui se détraque
Le joueur incarne Elena, une femme qui, en explorant le mystérieux Rutherford Ranch, réveille une force maléfique. Les premières heures posent un cadre clair : un lieu isolé, une menace invisible, et un quotidien rythmé par la recherche de ressources et la préparation à la nuit, moment où les créatures deviennent plus agressives.
Le jeu ne multiplie pas les cinématiques, mais s’appuie sur :
- Des dialogues courts et efficaces
- Des notes et documents trouvés dans l’environnement
- Des événements dynamiques (attaques nocturnes, anomalies, rencontres hostiles)
Cette narration environnementale fonctionne bien, même si certains joueurs regretteront un manque de scènes marquantes ou de rebondissements scénarisés.
Une adaptation fidèle mais parfois trop discrète
Les fans du comic retrouveront :
- Le ton cynique
- Les thématiques de survie psychologique
- Les références visuelles directes
Cependant, le jeu reste plus avare en développement de personnages. Elena est une protagoniste intéressante, mais son évolution reste en retrait, au profit de la boucle de gameplay.
Une tension constante, mais une narration qui manque d’ampleur
L’écriture soutient efficacement l’ambiance, mais ne propose pas une histoire aussi dense que celle du comic. Le jeu préfère laisser le joueur se raconter sa propre survie plutôt que de dérouler un récit structuré.


Un cauchemar dessiné : l’esthétique rétro au service de l’horreur
Une direction artistique marquée par les comics des années 80
L’un des points les plus immédiatement frappants est l’esthétique du jeu : un cel‑shading épais, des couleurs saturées, des ombres tranchées, et une mise en scène qui évoque les couvertures de comics d’horreur vintage.
Cette identité visuelle fonctionne très bien :
- Elle rend le jeu lisible malgré la vue isométrique
- Elle renforce l’ambiance étrange et déformée
- Elle donne une personnalité unique au titre
Les monstres, inspirés du comic, sont particulièrement réussis : silhouettes difformes, mouvements saccadés, design volontairement dérangeant.
Un monde rural inquiétant et varié
Rutherford Ranch et ses environs offrent une diversité appréciable :
- Forêts denses
- Fermes abandonnées
- Bunkers souterrains
- Ville fantôme
- Zones contaminées
Chaque lieu raconte une histoire, et la direction artistique parvient à rendre chaque zone immédiatement reconnaissable.
Une technique correcte mais pas irréprochable
Sur Xbox Series X|S, le jeu tourne globalement bien, mais :
- Quelques chutes de framerate lors des attaques nocturnes
- Des collisions parfois approximatives
- Des animations un peu rigides
Rien de rédhibitoire, mais l’ensemble manque parfois de finition.
Une ambiance sonore efficace
Les bruitages jouent un rôle central, notamment parce que les ennemis réagissent au son. Les grognements, craquements et hurlements nocturnes participent pleinement à la tension.
La musique, discrète, laisse la place à l’ambiance, ce qui renforce l’immersion.


Entre tradition et modernité : une horreur qui cherche sa voie
Un mélange de genres assumé
I Hate This Place combine :
- Survival-horror
- Crafting
- Gestion d’avant-poste
- Exploration isométrique
- Infiltration basée sur le son
- Cycle jour/nuit
Ce mélange n’est pas inédit, mais il est suffisamment rare dans un cadre horrifique pour donner au jeu une identité propre.
Une adaptation de comic peu courante dans le genre
L’autre élément original est l’adaptation d’un comic d’horreur contemporain, ce qui apporte :
- Un univers déjà riche
- Une esthétique immédiatement identifiable
- Une tonalité narrative différente des survival-horror classiques
Une originalité plus esthétique que mécanique
Si l’univers et la direction artistique se démarquent, les mécaniques, elles, restent proches de références existantes :
- Le crafting rappelle Don’t Starve
- L’infiltration sonore évoque The Last of Us
- La construction d’abris fait penser à Project Zomboid
Le jeu assemble ces influences avec cohérence, mais sans révolutionner le genre.
Survivre, se cacher, frapper : un gameplay exigeant mais parfois frustrant
Un système de crafting central
Le crafting est au cœur de l’expérience :
- Armes improvisées
- Pièges
- Outils
- Améliorations d’abris
- Consommables
La collecte de ressources est constante et oblige à explorer chaque recoin. Le système est complet, mais peut sembler répétitif à long terme.
Une infiltration basée sur le son
Les ennemis réagissent au bruit, ce qui impose :
- De se déplacer lentement
- D’éviter les surfaces bruyantes
- D’utiliser des diversions
Cette mécanique est bien pensée et apporte une vraie tension.
Des combats improvisés et risqués
Les affrontements sont :
- Brutaux
- Peu précis
- Souvent à éviter
Le jeu encourage la fuite ou la ruse plutôt que la confrontation directe.
Un cycle jour/nuit déterminant
Le jour : exploration, collecte, préparation. La nuit : survie, attaques, anomalies.
Ce rythme fonctionne très bien et structure la progression.
Quelques lourdeurs dans la prise en main
Plusieurs critiques soulignent :
- Une maniabilité un peu rigide
- Des hitboxes approximatives
- Une caméra parfois frustrante en intérieur
Ces défauts n’empêchent pas de jouer, mais nuisent à la fluidité.


Un cauchemar qui dure : contenu et rejouabilité
Une campagne solide
La durée de vie varie selon la difficulté et le style de jeu, mais la plupart des tests évoquent :
- 15 à 25 heures pour une première partie
- Plus si l’on explore tout ou si l’on joue en difficulté élevée
Une forte rejouabilité grâce aux systèmes
Le jeu repose sur :
- Des événements dynamiques
- Des variations dans les attaques nocturnes
- Des ressources générées différemment
- Des constructions d’abris personnalisées
Ce qui encourage plusieurs runs.
Un endgame limité
Une fois la campagne terminée, le contenu supplémentaire reste modeste. Le jeu mise davantage sur la rejouabilité que sur un endgame structuré.
I Hate This Place
📝 Conclusion
I Hate This Place réussit à proposer une expérience de survie horrifique singulière, portée par une direction artistique marquante et un univers inspiré. Son gameplay exigeant, son ambiance sonore oppressante et son cycle jour/nuit bien pensé en font un titre prenant, surtout pour les amateurs de survie hardcore. Cependant, quelques défauts techniques, une narration un peu timide et des mécaniques parfois rigides l’empêchent d’atteindre l’excellence. Il n’en reste pas moins une proposition originale, fidèle à son matériau d’origine, et suffisamment riche pour captiver pendant de longues heures.
✅ Points positifs
- Direction artistique unique, fidèle au comic
- Ambiance sonore très réussie
- Cycle jour/nuit immersif et bien intégré
- Crafting complet et utile
❌ Points négatifs
- Quelques problèmes techniques (framerate, collisions)
- Maniabilité parfois rigide
- Combats imprécis et frustrants
👨💻 Développeur : Rock Square Thunder
🏢 Éditeur : Feardemic
📅 Sortie : 29/01/2026
🎮 Plateformes : Xbox Series, PC, PS5, Switch
🧪 Testé sur : Xbox Series X
🎁 Code fourni par l’éditeur